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Le Projo Bleu
Dylan Northoir, créateur du blog et auteur des critiques et des analyses. Je suis étudiant en seconde année de Master cinématographique à l'université de Lille 3. Le Projo Bleu est un projet visant à étudier des films et des séries par la critique et l'analyse.

Analyse d’Avatar de James Cameron (2009)

 

Nous allons commencer par rappeler la séquence où Jake (Sam Worthington) rencontre Neytiri (Zoe Saldana) pour la première fois dans le film. Il se sert du feu pour se défendre de sorte de chiens sauvages. Son humanité est présente certainement plus que son physique Alien échoué sur une planète qu’il ne connaît pas encore. Rappelons que le feu est la première grande maîtrise de l’Homme. Il fait naître la civilisation, donc en apportant le feu dans la forêt de Pandora pour s’éclairer alors qu’elle est bioluminescence, Jake montre efficacement qu’il est humain et qu’il n’a pas appris à voir son environnement naturel. Il se sent obligé de maîtriser ce qu’il voit par ce qu’il connaît et le monde fictif de Pandora lui fait clairement comprendre que ça ne marche pas comme ça là où il vient de débarquer. La forêt s’éveille ensuite car il ne la contraint plus à son humanité. Neytiri le sauve et lorsqu’il la remercie, elle le frappe, il tombe et elle lui fait la morale en lui disant qu’il est un enfant car il agit sans connaître son environnement. Déjà, remarquons qu’il est au sol et qu’elle reste debout pour le réprimander. On peut y voir facilement un professeur qui explique à son élève qu’il ne connaît rien et qu’il doit apprendre. Mais alors c’est ici qu’on peut se demander, qu'est-ce qu’il doit apprendre. Est bien à comprendre son environnement en changeant sa pensée d’humain qui vivait sur une planète mourante. Il doit faire preuve d'esprit écologique et avoir conscience de l’anthropocène avec son impact sur la planète Terre afin de ne pas reproduire ce problème sur Pandora.


En effet, l’anthropocène semble être un élément clé du film, d’ailleurs « anthropo » désigne l’humain ce qui est alors paradoxale avec le peuple indigène, terme d’ailleurs parfois utilisé et ce n’est certainement pas pour rien car les humains colonisent Pandora. Les Na’vis ne sont pas humains et pourtant Cameron développe un discours qui nous parle de la biodiversité humaine, et non pas réellement de celle de Pandora. C’est comme si le réalisateur nous montre à tous en pointant du doigt une autre planète, un monde fictif et nous dit, voilà comment on pourrait être, voilà comment on pourrait agir. Évidemment, c’est difficilement imaginable étant donné qu’au-delà de ne pas être bleu et de mesurer trois mètres, nous n’avons pas de membrane derrière le crâne qui nous sert à se connecter avec le reste de notre monde, que cela soit avec la faune et la flore. En fait, ce fameux discours qui connote négativement la technologie dans Avatar est un peu perturbé par cette planète et ce peuple. Pandora permet un réseau entre tous les êtres vivants, c’est comme un immense serveur qui permet une connexion planétaire. Le personnage de Grace (Sigourney Weaver) fait d'ailleurs remarquer cela dans le film en examinant une sorte de circulation de donné au sein même des racines. L’arbre des âmes symbolise et montre aussi cette idée, il sert même d’objet naturel pour représenter cette idée de Cameron.


Les humains apportent le feu sur Pandora, comme avec la chute de l’arbre maison. En fin de compte la plupart des humains apportent ce qu’il maîtrise, donc le feu, sur Pandora. Lorsque le peuple Na’vi dit qu’il faut apprendre à voir c’est alors certainement cette pensée anthropocène qui demande à voir l’environnement qui nous entoure et à comprendre l’impact du vivant sur la planète. Il s’agit alors de ne plus se concentrer sur l’être vivant dominant, comme les humains, mais sur l’entièreté de notre biodiversité avec tout ce qui vit autour de nous.


La pensée écologique du film semble alors être racontée comme ça dans le récit. Si l’écologie et le fait de prendre soin de la planète ne sont pas innés pour tout le monde, Cameron le demande à l’aide du récit d’Avatar. En fait, Neytiri se confronte à nous pour que nous comprenions comment agir car le spectateur doit s’identifier à Jake qui doit apprendre. Le film se veut alors comme un électrochoc sur la pensée écologique.


Auteur de l’analyse : Dylan Northoir

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